Mission Beslan 2005

Le 1er septembre 2004, des terroristes séparatistes tchétchènes armés prennent des centaines d'enfants et d'adultes en otage dans l'école numéro 1 de Beslan en Ossétie du Nord (fédération de Russie).
 
Le 3 septembre après trois jours de siège, les forces spéciales russes donnent l'assaut. Celui-ci fut sanglant : selon le bilan officiel, il y aurait eu 344 civils tués, dont 186 enfants.
 
 
Sous l’impulsion d' André BELLEVILLE, l’association PEP21 s’est engagée à apporter son soutien aux survivants de cette tragédie au travers de plusieurs actions en partenariat avec l’association Bourgogne-Eurcasie, la ville de DIJON et différents professionnels de la santé.
 
En novembre 2005, une mission dijonnaise constituée de Thierry Eluecque, audioprothésiste, François Massip, médecin ORL et chirurgien, Fabrice Toletti, rééducateur d'enfants sourds et Directeur Général des Pupilles de la Nation se rend à Beslan.
 
Cette mission donnera pour premiers résultats en plus d’une multitude d’émotions partagées :
 
130 consultations effectuées, 16 appareillages au profit de rescapés, plusieurs dizaines d’embouts auditifs en fabrication ainsi qu'un projet de formation pour un médecin en France.

CES LARMES QUI ROULENT AUJOURD’HUI SUR NOS JOUES…

 
Sont-elles d’incompréhension devant ce bonheur d’une rentrée des classes transformée en rendez-vous avec la mort pour trois cent trente et un innocents ?
 
Sont-elles de colère devant l’imagination effroyable de mille quatre cent être entassés dans cette salle dévastée ?
 
Sont-elles l’eau qui leur a tant manqué ?
 
Sont-elles de douleur impossible à partager avec ces parents ces frères et ces sœurs qui prennent inlassablement le chemin de l’école ou du mémorial ?
 
Sont-elles de tendresse devant ces jouets, ces peluches et ces sodas déposés sur chaque tombe ?
 
Sont-elles d’impuissance devant le silence d’une grand-mère ?
 
Sont-elles de honte devant ces yeux d’enfants qui nous fixent sur chacune des photos exposées dans cet endroit noirci par le feu ?
Sont-elles de compassion devant une mère qui, le regard baissé, tout à son amour disparu, frotte de sa main douce la tombe de son fils, l’embrasse avant de partir comme elle le faisait chaque soir avant cette tragédie, afin qu’il repose paisiblement ?
 
Sont-elles d’estime devant l’inlassable travail de reconstruction des cœurs et des consciences auquel se livre cette députée de Beslan ?
 
Sont-elles de rage à la pensée de la corruption qui a permis le passage de ces assassins ?
 
Sont-elles de respect lorsque ce père resté seul survivant nous remercie simplement de l’avoir écouté parler des siens ?
 
Sont-elles d’admiration devant cette femme menue et discrète que nos amis spécialistes soignent et appareillent et dont on nous dit ensuite le comportement héroïque face aux terroristes ?
 
Sont-elles d’horreur devant la folie des hommes ?
 
Elles sont peut-être aussi la source de laquelle la vie doit rejaillir et dont nous devons prendre notre part ?
 
Nous avons vécu intensément durant ces trois jours la tradition d’hospitalité ossète. Celle-ci veut que tous les repas de fête débutent par la présentation de trois tartes posées les unes sur les autres.
Elles symbolisent la terre, le ciel et le soleil. La troisième est absente les jours de deuil plongeant la terre et le ciel dans les ténèbres.
 
Formons le vœu que la chaleur partagée avec nos hôtes lors de cette mission soit un peu du soleil qui éclaire à nouveau la vie de ces familles meurtries.
 
                                                            Fabrice TOLETTI, Directeur Général des Pupilles de la Nation.
 
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